Assemblées générales d'ASBL et de copropriétés : voter à distance en toute validité

Assemblées générales d'ASBL et de copropriétés : voter à distance en toute validité

Les élections sociales ne sont pas le seul scrutin qui compte dans une année. Les assemblées générales, d'ASBL, de copropriétés, d'organisations professionnelles, se tiennent, elles, tous les ans, et de plus en plus à distance. Mais un vote à distance mal cadré peut être contesté, voire annulé. Voici ce que disent le droit belge et vos statuts pour que votre AG en ligne soit incontestable.

ASBL : ce que permet le CSA

Depuis la loi du 20 décembre 2020, qui a modifié le Code des sociétés et des associations (CSA), les ASBL peuvent tenir leur assemblée générale à distance par voie électronique. Point important : l'organe d'administration peut le décider même sans habilitation dans les statuts. Autrement dit, pour l'AG elle-même, vous n'avez pas besoin de modifier vos statuts au préalable.

La distinction cruciale porte sur le moment du vote :

  • Le vote pendant l'AG à distance est possible sans clause statutaire.
  • Le vote électronique préalable (voter avant la tenue de l'AG) doit, lui, être expressément prévu dans les statuts. À défaut, il n'est pas autorisé.

C'est le piège le plus courant : proposer un vote anticipé en ligne alors que rien dans les statuts ne le prévoit. Si vous voulez un vote préalable, commencez par adapter vos statuts.

ASBL : les conditions techniques d'un vote valable

La loi ne se contente pas d'autoriser le principe ; elle fixe des conditions que le dispositif doit remplir :

  • l'ASBL doit pouvoir vérifier l'identité et la qualité du membre qui vote ;
  • les moyens de communication doivent permettre à chaque membre de suivre les débats de manière directe, simultanée et continue ;
  • et d'exercer son droit de vote sur tous les points soumis à l'assemblée.

Un simple sondage par e-mail ne suffit pas : il faut un dispositif qui identifie le votant et garantit qu'il a pu délibérer avant de voter. C'est précisément ce qu'apporte un système de vote en ligne conçu pour les assemblées.

Copropriété : des règles plus strictes

Pour les copropriétés, le Code civil (article 3.87) encadre le vote plus étroitement, et c'est là que les erreurs coûtent cher. Deux points méritent une attention particulière.

Les procurations. Une personne peut détenir trois procurations au maximum. Et surtout, le syndic ne peut jamais recevoir de procuration, même de son conjoint ou d'un associé. Un vote recueilli en violation de ces règles fragilise toute la décision.

Les majorités. Elles se calculent en quotes-parts (millièmes), à quatre niveaux :

  • majorité simple (50 % + 1) pour la gestion courante ;
  • deux tiers pour les travaux d'amélioration ;
  • quatre cinquièmes pour modifier l'acte de base ;
  • unanimité pour modifier la répartition des charges.

Le vote à distance est permis, mais la convocation doit en préciser les modalités. Un système de vote en ligne doit donc calculer les majorités par quotes-parts, plafonner les procurations et bloquer celles du syndic, sinon, il vous expose à une contestation.

Ce qui rend un vote à distance contestable

Trois causes reviennent quand une décision d'AG est attaquée :

  • le quorum ou la majorité mal calculés (surtout en copropriété, où tout se compte en quotes-parts) ;
  • une procuration irrégulière (trop nombreuses, ou détenue par le syndic) ;
  • un dispositif qui ne garantit pas l'identité du votant ou ne lui a pas permis de suivre les débats.

Chacune de ces causes se prévient par le choix d'un outil adapté et par une convocation qui décrit précisément les modalités du vote.

En résumé

Voter à distance en assemblée générale est légal et courant, mais la validité tient au détail. Pour une ASBL : l'AG à distance ne demande pas de clause statutaire, mais le vote préalable en ligne, oui ; le dispositif doit vérifier l'identité et permettre de suivre les débats. Pour une copropriété : trois procurations maximum, jamais au syndic, des majorités par quotes-parts à quatre niveaux, et une convocation qui précise les modalités. Le bon outil applique ces règles automatiquement.

Pour comprendre les garanties techniques qu'un système de vote doit offrir, lisez Les conditions légales du vote électronique. Et si vous organisez une AG à distance et voulez un vote incontestable, parlons-en.

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